La formation par la recherche à l’ESSEC: un nouveau départ

Interview de Radu Vranceanu, professeur d’économie à l’ESSEC et responsable académique des “UV de recherche”, menée par Sophie Magnanou, directrice du K-lab.

Depuis la rentrée 2023-2024 le programme Grande Ecole de l’ESSEC a conduit une réforme des projets de recherche menés par les étudiants sous la direction d’un professeur chercheur, communément appelés en interne “UV de recherche”.

Radu Vranceanu, professeur d’Économie à l’ESSEC, est le responsable académique de ce parcours de formation. Il répond à nos questions.

Pourquoi cette réforme de l’ancienne UV de recherche ?

Compte tenu de la forte dynamique de la recherche à l’ESSEC, il est apparu essentiel de faire un saut qualitatif par rapport à l’existant dans le domaine de la formation par la recherche des étudiants. Il s’agit pour l’instant d’une option d’études, proposée à l’ensemble des étudiants de la Grande Ecole.

Si le système est en place depuis de nombreuses années, renforcer les exigences en la matière correspond aux attentes des étudiants, des professeurs, et permet également de s’aligner sur les standards internationaux des mémoires de recherche.

A travers leurs recherches, les étudiants contribuent au bien commun, dans la mesure où les solutions qu’ils proposent rendent service aux entreprises, aux organismes privés ou publiques, et fin compte, en proposant des pistes d’amélioration, à la société dans son ensemble.

Concrètement, en quoi ça consiste ? qu’est ce qui est proposé aux étudiants ?

Travailler sur un projet de recherche et rédiger le mémoire de recherche implique un travail assidu de la part de l’étudiant, qui en temps de travail serait l’équivalent d’un cours. Ainsi, si le mémoire obtient la note de passage, l’administration des études validera un cours dans le curriculum de l’étudiant.

Pour démarrer un tel travail, les étudiants doivent choisir un sujet de recherche en consultant leurs professeurs ; ces derniers peuvent également proposer des sujets sur lesquels les étudiants peuvent se positionner. Tous les départements et les disciplines enseignées à l’ESSEC sont concernés ; le sujet peut être multidisciplinaire.

L’important est d’aborder une question qui a du sens, et d’apporter une réponse rigoureuse, documentée et originale. A travers ce travail, les étudiants renforcent leur autonomie, créativité, rigueur; ils peuvent approfondir un sujet qui les intéresse, et qui intéresse la société.

L’étudiant qui travaille sur son mémoire de recherche sera accompagné par un professeur chercheur durant tout le processus. Le mémoire de recherche sera soutenu devant un jury ; il sera évalué selon des critères précis: rigueur, originalité, impact, respect de la forme.

En tant qu’auteur du mémoire, l’étudiant a la propriété intellectuelle de son travail. Il peut le diffuser librement et accepte la diffusion des résultats par l’ESSEC, en conformité avec la politique d’ Open Science de l’Ecole.

Quels moyens ont été mis en œuvre ?

Pour aider les étudiants concernés, un portail intranet a été développé en collaboration  avec les équipes IT, K-lab, Direction des Etudes et Décanat. Ce portail est accessible sur MyESSEC. Il permet de centraliser l’ensemble des informations, ressources et outils web nécessaires aux étudiants et aux professeurs encadrants.

Il contient à ce jour:

  • des liens vers les départements, et les CVs des professeurs, notamment des intérêts en recherche pour favoriser les collaborations étudiant-professeur;
  • une présentation des exigences de ce programme, des “valeurs de la recherche à l’ESSEC”, ainsi qu’un résumé des principes de l’intégrité scientifique;
  • de ressources documentaires nécessaires à l’élaboration d’un projet de recherche : documents de méthodologie de recherche, vidéos, accès aux revues académiques, accès aux données statistiques;
  • un espace de consultation des mémoires de recherche (dans la nouvelle formule);
  • le système de gestion du processus – inscription, suivi, pré soutenance, soutenance et grille d’évaluation.

Comment évaluer le succès de la réforme ?

Dans le domaine de la recherche, le critère de succès n’est pas le nombre, mais la qualité, mesurée par l’originalité, la rigueur et l’impact des résultats.

D’ores et déjà on observe une nette amélioration dans la qualité des quelques mémoires déjà soutenus. J’aime penser que les exigences plus importantes devraient attirer des étudiantes et des étudiants encore plus motivés que dans le passé, et qui les mèneront vers des questions de recherche ambitieuses. Au fur et à mesure que la réputation en interne se développera, plus d’étudiants voudront participer à ce programme. Cette dynamique devrait être renforcée par la mise en place de date récente d’une filière de formation “recherche” au sein de la grande Ecole, en collaboration avec le programme doctoral ESSEC.

Un  vœu ?

Que l’une des recherches de nos étudiants soit citée par The Economist !

Témoignage de Garance Bossard qui a réalisé un mémoire sur la thématique des spreads souverains entre la France et l’Italie lors de la période de resserrement des taux de la BCE au sein du département Economie de l’ESSEC :

“Dans le cadre de la filière Economie Appliquée, je souhaitais compléter les cours théoriques par un exercice différent et plus universitaire. Ainsi, cette recherche m’a permis d’acquérir des connaissances sur un sujet précis et de structurer ma méthode de travail tout en travaillant en autonomie. Les échanges réguliers avec le professeur encadrant alimentaient mes idées, les angles d’approche et me permettaient d’apporter la structure universitaire nécessaire au papier.
Je suis très satisfaite de cette expérience, qui m’a permis d’appliquer mes connaissances acquises dans le cadre des cours à un sujet précis, ainsi que de comprendre davantage l’objet de la recherche : proposer des éléments de réponses à un sujet niche et les soutenir à l’aide d’une méthodologie et d’une structure précises (« Fill the gap in the literature »).”

Garance Bossard, étudiante du programme Grande Ecole