Des enseignants, des ingénieurs pédagogiques et des responsables de programmes assistent à l'atelier "IA & Pédagogie" de CY Alliance.

Lancement de l’initiative “IA & Pédagogie @CY” : accompagner les enseignants dans l’usage de l’intelligence artificielle

Par Sophie Magnanou, directrice du K-lab.

Dans la majorité des établissements membres de CY Alliance (qui réunit CY Cergy Paris Université, ESSEC Business School, et la communauté d’universités et d’établissements Paris Seine), de nombreux enseignants s’interrogent sur les opportunités et les défis que représente l’intelligence artificielle dans le cadre pédagogique. Quels impacts sur les méthodes d’évaluation ? Comment tirer parti de l’IA pour enrichir la conception des cours ?

C’est pour répondre à ces interrogations qu’a été lancée l’initiative “IA & Pédagogie @CY”, portée à l’échelle de CY Alliance. Cette démarche vise à accompagner les professeurs dans l’adoption progressive et raisonnée de l’IA dans leurs pratiques pédagogiques. Elle s’inscrit également dans le prolongement des priorités annoncées par le Premier ministre lors du Sommet mondial pour l’action sur l’IA, concernant l’enseignement supérieur et la recherche.

Dans un premier temps, l’initiative se concentre sur les programmes post-bac, avec l’objectif de fournir des réponses concrètes aux besoins exprimés par les enseignants des établissements membres de l’Alliance.

Un atelier collaboratif fédérateur à l’ESSEC

Une première étape significative de ce projet a été l’organisation d’un atelier collaboratif, qui s’est tenu le 15 mai dernier à l’ESSEC. L’événement a réuni plus de 50 enseignants, ingénieurs pédagogiques, responsables de programmes, représentant l’ensemble des institutions de CY Alliance.

L’objectif de cette journée : partager les constats de terrain, identifier les besoins spécifiques, et co-construire des solutions pour intégrer l’IA dans les pratiques pédagogiques, notamment dans les formations de premier cycle.

Des enseignants, des ingénieurs pédagogiques, des responsables de programmes échangent sur leur utilisation de l'IA dans un cadre pédagogique.
Des enseignants, des ingénieurs pédagogiques et des responsables de programmes échangent sur leur utilisation de l’IA dans un cadre pédagogique.

Parmi les temps forts de l’atelier :

  • Une présentation d’un état des lieux des usages et besoins exprimés par les enseignants, à partir des résultats d’une enquête menée en amont :
    • 73 % des enseignants utilisent rarement ou pas du tout l’IA en contexte pédagogique.
    • ChatGPT apparaît comme l’outil d’IA générative le plus utilisé.
    • 38 % des utilisateurs sans abonnement payant déclarent employer des outils d’IA pour gagner en productivité.
    • Une majorité d’enseignants adapte déjà ses méthodes d’évaluation pour prévenir la triche.
    • Plus de 80 % expriment un intérêt pour des formations ou guides pratiques sur l’usage de l’IA générative.
  • L’intervention de Matteo Procopee (IBM), qui a apporté un éclairage stratégique sur l’utilisation de l’IA ; en présentant des cas d’usages dans l’entreprise et en insistant sur l’importance de la gouvernance qui permet de se protéger des abus potentiels de l’IA et de renforcer la confiance des utilisateurs dans les solutions choisies.
  • Un partage de retours d’expérience sur des pratiques pédagogiques intégrant l’IA au sein de l’Alliance avec, par exemple, la création d’un guide interactif pour accompagner les enseignants, l’utilisation de Magister+ qui détecte l’utilisation de l’IA pour les travaux d’étudiants, ou encore le déploiement des solutions anti-triche pour les examens.
  • Enfin, une séance d’idéation autour des besoins concrets des enseignants et des solutions à envisager.

Cet atelier a permis de faire émerger de nombreuses idées sur 4 axes principaux :

  • Les finalités pédagogiques et le cadre d’usages : intégrer l’IA dans les axes de recherche et les projets interdisciplinaires, créer des modules d’enseignement sur les fondements, limites et applications de l’IA, …
  • La formation des étudiants : créer des modules d’enseignement spécifiques à l’IA, sensibiliser les étudiants à une approche critique, intégrer l’IA dans des projets de fin d’année ou travaux interdisciplinaires.
  • La formation des enseignants et ingénierie pédagogique : former aux outils d’IA générative, utiliser l’IA comme soutien à la création de contenus, valoriser les bonnes pratiques et créer des référents IA dans chaque département, intégrer l’ingénierie pédagogique pour co-construire des dispositifs innovants et inclusifs.
  • Les méthodes d’évaluation à repenser : diversifier les modalités et formats (autoévaluation, quiz formatifs, évaluation par les pairs), clarifier l’usage autorisé de l’IA dans chaque cours, valoriser la compétence “bien utiliser l’IA”…

Vers une montée en compétence collective

Le format interactif de l’atelier a donc permis un partage riche de cas d’usage, initiant une dynamique collective autour de l’appropriation de l’intelligence artificielle dans les cours.

L’IA est perçue non comme une menace, mais comme une opportunité exigeante. Elle impose de repenser en profondeur les méthodes, les outils et les objectifs pédagogiques.

Cette première étape marque le début d’un accompagnement structuré, avec comme enjeu central la montée en compétences des établissements, tant sur le plan pédagogique que technique (formation des utilisateurs, ingénierie pédagogique et numérique…).

À suivre, donc…